Tribune conjointe franco-britannique publiée dans l’Asahi Shimbun [ja]

Mme Annick Girardin, secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie, et son homologue britannique, Mme Joyce Anelay, secrétaire d’État auprès du ministre britannique des Affaires étrangères, ont publié le 17 novembre 2015, la tribune conjointe : « Agir face aux changements climatiques : le moins que l’on puisse faire » dans le quotidien japonais Asahi Shimbun.

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Mme Annick Girardin, secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie, et son homologue britannique, Mme Joyce Anelay, secrétaire d’État auprès du ministre britannique des Affaires étrangères

Tout le monde le sait : si nous n’agissons pas efficacement pour lutter contre les changements climatiques, l’existence même de certains petits États insulaires comme les Maldives dans l’océan Indien ou les Tuvalu dans le Pacifique est sérieusement compromise par la hausse du niveau des mers. À Londres la semaine dernière, à l’occasion d’un dîner organisé conjointement par la France et le Royaume-Uni, un groupe de représentants de ces États a rappelé la gravité de la menace à laquelle ils sont confrontés. Leur message est clair : Chacun doit faire davantage pour réduire les émissions et ainsi contribuer à éviter le pire.

Les menaces qui pèsent sur le reste du monde ne sont pas moins graves. Si nous voulons que la population vive prospère et en bonne santé, nous devons limiter le réchauffement planétaire à 1,5° ou 2° C au maximum.

Aujourd’hui nous voyons plus clairement les contours des négociations qui doivent aboutir à un accord à Paris. Plus de 150 pays ont annoncé leurs engagements en matière de réduction des émissions. Beaucoup d’entre eux se sont également engagés à accroitre leur aide financière afin que les pays les plus pauvres et les plus vulnérables puissent s’adapter aux effets des changements climatiques.

La France et le Royaume-Uni montrent l’exemple. D’ici à 2030, le Royaume-Uni aura réduit ses émissions de moitié par rapport à 1990. Il est en bonne voie pour atteindre l’objectif d’une réduction de 80 % de ses émissions d’ici à 2050. De son côté la France réduira les siennes de 40 % par rapport à leur niveau de 1990 en 2030 et sa nouvelle loi sur la transition énergétique prévoit des mécanismes pour financer massivement les énergies renouvelables.

Nos deux pays se sont aussi engagés à aider les pays en développement à mieux s’adapter et à anticiper les risques. Comme l’a annoncé dernièrement le Président François Hollande, la France va porter de 3 à 5 milliards d’euros en 2020 le montant consacré chaque année à la lutte contre les changements climatiques. Parallèlement, le Premier ministre britannique David Cameron a annoncé que le Royaume-Uni verserait 5,8 milliards de livres supplémentaires entre avril 2016 et mars 2021.

Mais pour les représentants des petits États insulaires, le montant total des engagements en matière de réduction des émissions est encore insuffisant pour leur assurer un avenir durable.

JPEGNous devrions considérer ces engagements comme un point de départ correspondant au « moins que l’on puisse faire ». Ces engagements nous projettent quinze ans dans l’avenir. Mais ils ne prennent pas en compte de nombreux paramètres économiques, sociaux et technologiques. Cet avenir peut être prometteur ! La COP 21 de Paris doit définir une ambition encore plus forte.

De nombreux changements se déroulent déjà sous nos yeux des mentalités. Les chiffres publiés par le cabinet PwC montrent que la croissance de l’économie mondiale s’est élevée en 2014 à 3,3 % alors que les émissions n’ont augmenté que de 0,5 %, ce qui laisse entendre que la croissance économique peut se faire sans hausse des émissions de gaz à effet de serre.

Cette évolution s’accélère. Trente-sept pays ont désormais défini un prix du carbone. La Chine les rejoindra dans les deux ans à venir. Au niveau mondial, les capacités nouvelles de production d’énergie renouvelable dépassent aujourd’hui celles qui reposent sur le charbon, le gaz naturel et le pétrole. Le coût des cellules photovoltaïques a décru d’environ 80 % depuis 2008 et les investissements consacrés aux énergies propres ne cessent d’augmenter.

Au cours des seuls trois premiers trimestres de 2015, la Chine s’est dotée de 9,9 gigawatts de nouvelles capacités solaires, soit plus du dixième de l’ensemble de la production d’électricité au Royaume-Uni. De nombreux petits États insulaires ont eux aussi adopté l’année passée des objectifs ambitieux en matière d’énergies renouvelables.

Au-delà de la question climatique, cette transition a des effets bénéfiques sur l’économie,. Par exemple, l’économie sobre en carbone et sa chaîne d’approvisionnement emploient aujourd’hui près de 500.000 personnes au Royaume-Uni comme en France. Au Royaume-Uni, ce secteur contribue davantage au PIB que l’industrie automobile ! Nous n’avons pas encore pleinement réalisé tous les avantages que nous allons tirer de la transition énergétique.

La menace qui pèse sur nous tous est bien réelle, même si elle parait encore plus évidente pour les habitants des petits États insulaires. Mais, chacun a un rôle à jouer.

La conférence de Paris devra marquer un tournant décisif et dessinera un avenir fait d’économie verte et des multiples possibilités qui en découlent. L’avenir Nous ne doutons pas que grâce à l’ingéniosité de l’esprit humain, à l’innovation alliée à notre détermination sans faille, nous trouverons la réponse au plus grand défi auquel notre civilisation n’ait jamais été confrontée.

Mme Girardin et la Baronne Anelay sont secrétaires d’État en charge des changements climatiques aux ministères français et britannique des Affaires étrangères.
 
La France exerce la présidence de la 21e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21) qui s’ouvrira le 30 novembre 2015 à Paris.

dernière modification le 18/11/2015

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