Réception de l’Assemblée des Français de l’étranger

Discours de Jean-Marc Ayrault (16 mars 2016)

Monsieur le Ministre, Cher Matthias,
Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés, les Sénateurs, les Conseillers

Je suis très heureux de vous recevoir ce soir, ici, dans le salon de l’Horloge. Et c’est pour moi la première occasion de vous rencontrer, même si ce n’est peut-être pas la première pour les parlementaires – je connais beaucoup d’entre eux. Mais je suis heureux de vous recevoir justement pour échanger tout à l’heure avec vous dans le cadre de votre session de l’Assemblée des Français de l’étranger.

Photo : F. de La Mure/MAEDI
Photo : F. de La Mure/MAEDI
Photo : F. de La Mure/MAEDI
Photo : F. de La Mure/MAEDI
Photo : F. de La Mure/MAEDI
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Photo : F. de La Mure/MAEDI
Photo : F. de La Mure/MAEDI
Photo : F. de La Mure/MAEDI
Photo : F. de La Mure/MAEDI
Photo : F. de La Mure/MAEDI
Photo : F. de La Mure/MAEDI

 
Je crois que vous êtes parfaitement imprégnés de votre mission. C’est celle de représenter nos compatriotes à travers le monde. Et, comme vous le savez, ces Français de l’étranger dont vous faites partie, c’est une communauté particulièrement importante, qui n’a cessé de croître puisqu’elle comprend aujourd’hui 2,5 millions de personnes, elle a doublé en 20 ans, ce qui est considérable.

En même temps, comme j’ai souvent l’occasion de le dire lors de mes déplacements, encore hier à Abidjan, cette mobilité internationale est une chance, tant pour les Français expatriés que pour le rayonnement de la France, le rayonnement économique bien sûr mais pas seulement. La formation et le savoir-faire français sont reconnus et sollicités. En retour, les Français expatriés font vivre la France à l’étranger, et l’expérience acquise représente un avantage pour notre pays.

C’est donc à nous, le gouvernement français, les autorités françaises, de vous aider, de vous accompagner dans toutes vos démarches et celles de nos compatriotes : je pense à des choses très simples comme les formalités administratives, mais à des choses aussi évidentes comme la scolarisation des enfants, la protection sociale, l’accompagnement des membres les plus fragiles de nos communautés …

Le rapport du gouvernement sur la situation des Français hors de France, qui sera publié à la fin du premier semestre, offre un panorama des politiques et des actions engagées en faveur des Français de l’étranger. Cela va donc être un vrai livre de référence en quelque sorte et l’on constatera que, au-delà des matières consulaires, son champ a été étendu au soutien à l’entreprenariat et à l’enseignement français en général, y compris bilingue francophone. Donc un document très riche, un document de référence.

Vous allez d’ailleurs entrer dans les détails de toutes ces questions avec Matthias Fekl, dont je salue ici l’action déterminée en faveur de nos compatriotes à l’étranger, même si, dans ses compétences, il a beaucoup de choses lui aussi, mais nous avons donc engagé plusieurs chantiers. C’est notamment le sens des réformes prévues dans le cadre de MAEDI 21, la réforme du ministère des affaires étrangères et du développement international et qui a pour but de simplifier toutes vos démarches. Un exemple : d’ici 2020, tous les Français de l’étranger pourront effectuer l’essentiel de leurs démarches consulaires en ligne 24h/24. Vous aurez, demain matin, un moment d’échange avec lui et je lui laisse le soin d’aborder en détail avec vous tous les sujets que vous souhaitez aborder et qui vous tiennent à cœur.

Mais au-delà, la voix des Français de l’étranger doit être pleinement entendue.
C’est là tout le rôle de l’Assemblée des Français de l’étranger que d’offrir à nos compatriotes une reconnaissance et un relai de leurs préoccupations.
Grâce à la loi du 22 juillet 2013, la représentation des Français à l’étranger est désormais complétée par le développement de la démocratie participative, la démocratie de proximité, incarnée par les conseillers consulaires, et qui permet ainsi d’offrir une représentation dans chacune de vos circonscriptions, au plus près de nos concitoyens.

Cette - nouvelle - Assemblée des Français de l’étranger est rapidement devenue opérationnelle. C’est ainsi la quatrième réunion en moins de 18 mois, et cette fois encore, vos travaux en commission sont denses et les thèmes variés : bourses scolaires, fiscalité, emploi et formation, protection sociale, vote électronique… mais également des sujets graves et sensibles tels que les déplacements illicites d’enfants ou l’usurpation d’identité.

Vous êtes consultés sur ces sujets et d’autres aspects importants de la vie quotidienne au sein des conseils consulaires, dont vous êtes membres de droit. Vous êtes également informés des risques sécuritaires dans votre circonscription, ainsi que des mesures prises pour les prévenir ou pour y faire face. Ainsi, après les attentats du 13 novembre, nos ambassadeurs ont été informés et mandatés pour réunir immédiatement le comité de sécurité auquel les conseillers consulaires sont associés. Nos compatriotes ont pu ainsi bénéficier d’une information rapide sur les mesures destinées à renforcer la sécurité de nos implantations à l’étranger, à commencer par les établissements scolaires, lorsqu’elles étaient nécessaires.
Ces conseils consulaires se réunissent à des rythmes variables - pour certains jusqu’à 8 fois en 2015, et la présentation du rapport annuel par le président du conseil consulaire représente à chaque fois une opportunité d’échanger entre les élus de proximité que vous êtes et l’administration.

Les procédures sont donc désormais bien en place à travers le réseau, et une bonne articulation a été trouvée dans le respect des attributions de chacun. L’étude sur les bourses scolaires, réalisée à la demande de votre Assemblée, en est un bon exemple, et montre une fois de plus les avantages indéniables que permet le contact direct des conseillers consulaires avec nos compatriotes.
Votre participation active aux nombreuses structures et associations françaises dans vos pays de résidence contribue à renforcer ce lien avec les compatriotes que vous représentez, et dont vous savez fort bien faire remonter les informations et requêtes.
Bien sûr, des progrès facilitant l’exercice de votre mandat peuvent encore être faits et j’y veillerai avec Matthias Fekl pour qu’il en soit ainsi et que vos préoccupations soient satisfaites.

Je ne manquerai pas non plus de venir à la rencontre de nos compatriotes à chaque déplacement, comme je l’ai fait hier à Abidjan, même si M. l’ambassadeur a dû improviser au dernier moment une rencontre. Tout le monde évidemment ne pouvait pas venir - c’était difficile - mais il était important qu’il y ait un échange avec ceux qui pouvaient représenter au mieux la communauté française de la Côte d’Ivoire, surtout dans les circonstances que nous venons de connaître : l’attaque terroriste, qui a frappé Grand-Bassam dimanche dernier et où quatre Français ont perdu la vie. J’ai pu d’ailleurs m’entretenir avec les familles de ces victimes et je dois vous dire qu’elles ont fait preuve d’un immense courage et d’une grande dignité.

Donc, je me suis rendu sur place avec Bernard Cazeneuve et j’ai pu voir, là où les gens se retrouvent souvent le week-end, Français, Africains et des personnes provenant de tous les pays du monde, un endroit où l’on aurait envie d’aller passer un moment de convivialité. Et c’est là que les assaillants sont arrivés, un peu comme ils l’ont fait en Tunisie ou comme ils l’ont fait à Paris. C’est la même méthode, la même technique d’intimidation et de violence.
Donc, je voulais, en allant sur place, adresser un message de soutien, de solidarité et de confiance. J’ai pu voir à quel point on réagissait là-bas avec courage, notamment nos compatriotes, pour ne pas baisser les bras et continuer à vivre et à se battre. Même si, bien sûr, il y a des précautions à prendre, des mesures à prendre et elles seront prises.

Voilà, Mesdames, Messieurs, je souhaitais vous saluer, je souhaitais saluer les parlementaires représentant les Français de l’étranger. À l’Assemblée nationale comme au Sénat, vous défendez les préoccupations spécifiques de nos compatriotes et vous assurez de leur prise en compte dans les débats nationaux.
Au-delà, vous constituez le trait d’union entre notre représentation nationale et les expatriés. Vous œuvrez pour une présence et un rayonnement de la France à travers le monde. Je dis souvent : quand on est loin de la métropole, quand on est loin de Paris, quand on est loin de notre pays, on voit les choses avec une certaine philosophie, une certaine distance, mais une distance dans le bon sens du terme : on fait la part des choses et souvent on va à l’essentiel. Et l’essentiel c’est bien la passion que nous partageons pour la France, pour notre pays, ses valeurs, ses combats et son rayonnement. Donc tout ce que vous pourrez continuer à faire, vous le ferez pour nos compatriotes du monde entier et, d’abord, ceux qui vivent en France et qui sont heureux de voir que vous vivez aussi des projets personnels, professionnels, avec passion.

Merci pour tout cela, merci pour votre dynamisme et pour votre engagement au service de nos compatriotes. Merci, Mesdames, Messieurs. Nous allons bientôt échanger de façon plus informelle. Auparavant, à la mémoire des victimes des attentats du 13 mars en Côte d’Ivoire, mes pensées, comme les vôtres, vont à leurs familles, à leurs proches et je vous invite à observer une minute de silence.

- Infographie : les Français à l’étranger

dernière modification le 18/03/2016

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