Premier Sommet humanitaire mondial

Outre les conflits armés, les catastrophes naturelles se multiplient, conséquences pour certaines du dérèglement climatique, et augmentent la fragilité de régions entières, comme au Népal ou en Équateur récemment.

Istanbul, 23-24 mai 2016

Une explosion de besoins humanitaires sous l’effet des crises

Si les personnes dépendantes d’une aide humanitaire pour survivre et faire face aux conséquences des violences ou des cataclysmes étaient un pays, ce serait le 11e pays le plus peuplé au monde, avec 125 millions de personnes. La moitié de sa population serait déplacée.

Outre les conflits armés, les catastrophes naturelles se multiplient, conséquences pour certaines du dérèglement climatique, et augmentent la fragilité de régions entières, comme au Népal ou en Équateur récemment.

Bien souvent, les personnes concernées n’ont d’autres choix que de fuir pour survivre. Aujourd’hui, 60 millions de personnes dans le monde ont été contraintes de fuir leur foyer, dont 20 millions de réfugiés selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). 80% de l’action humanitaire est dédiée à la réponse aux conséquences des conflits armés sur les populations civiles. Le conflit syrien est à l’origine de l’exode de près de 5 millions de personnes, y compris vers l’Europe.

Selon le Groupe de haut-niveau sur le financement humanitaire, mandaté par le Secrétaire général des Nations Unies, la communauté internationale mobilise aujourd’hui 25 milliards USD pour répondre aux besoins humanitaires, douze fois plus qu’il y a 15 ans. La générosité mondiale n’a jamais été aussi importante. Pourtant, l’explosion des besoins humanitaires pèse sur le système humanitaire mondial, qui accuse un déficit de financement estimé par le Groupe de haut-niveau à 15 milliards USD.

La mobilisation de la communauté internationale à Istanbul

Le premier Sommet humanitaire mondial se tient à Istanbul les 23 et 24 mai 2016. Il sera ouvert par le Président turc Recep Erdogan et le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon. Seront également présents des chefs d’État ou de gouvernement des pays du monde entier, des représentants des organisations des Nations Unies et du Comité international de la Croix-Rouge) et régionales (dont l’Union européenne), et d’autres acteurs humanitaires, dont les organisations et associations de la société civile. La France sera représentée.

Ce Sommet est l’aboutissement d’un large processus de consultations entre tous les acteurs humanitaires. La France a contribué à ces préparatifs parun document de réflexion diffusé en février 2015. La troisième Conférence nationale humanitaire (février 2016) a exprimé différentes recommandations issues de la concertation entre partenaires français de l’humanitaire (État, collectivités territoriales, ONG et fondations, entreprises) (version anglaise des recommandations).

Le Sommet doit être l’occasion d’identifier des pistes de réforme de l’action humanitaire, afin de répondre à la multiplication des crises et à l’explosion des besoins.

Il s’articulera autour de sept tables rondes :

  • Leadership politique pour prévenir et mettre un terme aux conflits ;
  • Mise en œuvre du droit international humanitaire ;
  • Autonomisations des femmes et des filles et égalité de genre ;
  • Déplacements forcés ;
  • Réponse aux catastrophes naturelles et aux effets du dérèglement climatique ;
  • Efficacité de l’action humanitaire (lien humanitaire-développement et soutien aux capacités locales et nationales) ;
  • Financement de l’action humanitaire.

Les priorités de la France pour Istanbul

- Réaffirmer notre engagement politique à prévenir ou mettre fin aux conflits. C’est le sens de l’initiative française visant à encadrer le recours au veto en cas d’atrocités de masse, sous la forme d’un engagement collectif et volontaire des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies.

- Renforcer la protection des civils et le respect du droit international humanitaire. Les civils et les personnels humanitaires sont de plus en plus souvent pris délibérément pour cible, à l’image du conflit syrien. La France est mobilisée, sur le terrain et dans les enceintes internationales, en faveur du respect du droit international humanitaire. Au Conseil de sécurité des Nations Unies, elle a été à l’initiative de l’adoption, le 3 mai dernier, de la résolution 2286 sur la protection du personnel médical et des infrastructures de santé. Elle a adopté en mars 2015 un plan national d’action (2015-2018) pour mettre en œuvre l’agenda « Femmes, paix et sécurité » du Conseil de sécurité.

- Répondre aux conséquences humanitaires des catastrophes naturelles et du dérèglement climatique, dans le prolongement du succès historique de l’Accord de Paris, en œuvrant notamment au développement des instruments de prévention et d’information et au renforcement des capacités de protection civile.

- Renforcer les capacités des acteurs locaux et nationaux à prévenir ou gérer la réponse aux crises en promouvant les partenariats avec les acteurs humanitaires du Nord, en facilitant l’accès aux financements internationaux et en encourageant le transfert de savoir-faire. Ce partenariat sera basé sur les principes de flexibilité et de pragmatisme, dans le strict respect des principes humanitaires.

- Mobiliser en faveur de l’éducation, notamment en situation de crise. Investir dans l’éducation, c’est œuvrer à la prévention des crises de demain.

- Travailler à une meilleure articulation entre humanitaire et développement. Dans un contexte où les crises durent, il est nécessaire d’associer de plus en plus les moyens du développement et ceux de l’humanitaire. Il ne s’agit pas de substituer l’un à l’autre mais de mieux les articuler, favoriser les complémentarités, dans le respect des principes qui guident l’action humanitaire.

Le Sommet d’Istanbul doit tracer une feuille de route de l’action internationale humanitaire, comme nous l’avons fait pour le développement ou le climat. La France y prendra toute sa part.

dernière modification le 24/05/2016

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