Les opinions publiques face au défi climatique : un tour du monde à la veille de la COP21 [ja]

S’appuyant sur un échantillon de 44 000 personnes dans plus de 40 pays et sur les 5 continents, l’étude du Pew Research Center sur le dérèglement climatique publiée le 5 novembre 2015 constitue le plus important sondage représentatif des opinions de 76% de la population mondiale sur ce sujet.

6 novembre 2015

Les opinions publiques mondiales sont très largement en faveur d’un accord international de réduction des émissions de gaz à effet de serre

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À quelques semaines de la COP 21, un consensus mondial semble émerger sur la gravité du défi climatique et sur la nécessité pour leurs gouvernements d’y répondre à Paris. Ainsi, près de 85% des opinions publiques interrogées considèrent le dérèglement climatique comme un problème « assez sérieux », dont une majorité (54%) comme « très sérieux ».

Au-delà de cette prise de conscience, cette étude révèle une véritable volonté d’agir : les opinions publiques mondiales se déclarent prêtes au changement et sont une immense majorité à soutenir des actions fortes de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Plus de trois personnes sur quatre souhaitent ainsi que leur pays s’engage à limiter ses émissions de gaz à effet de serre dans le cadre d’un accord international (« support [their own] country limiting greenhouse gas emissions as part of an international agreement »). Dans beaucoup de pays, l’opinion publique soutient même de manière quasiment unanime une telle action gouvernementale : 91 % en Espagne et en Ouganda, 90 % en Tanzanie, 89 % en Italie et en Corée du Sud, 88 % au Brésil et au Chili, 87 % au Burkina Faso et Allemagne, ou encore 86 % en France.

Un mandat pour un accord ambitieux

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La population mondiale sait que des demi-mesures ne suffiront pas pour lutter contre le dérèglement climatique : seulement un cinquième pense que la technologie puisse fournir la solution à elle seule. Les deux tiers sont au contraire conscients que des changements majeurs dans les modes de vie sont indispensables. L’opinion publique mondiale, par-delà des variations régionales, semble ainsi massivement prête à agir pour s’engager collectivement dans une transformation des comportements : alors que, comme l’a souligné Laurent Fabius, « le récent rapport de synthèse du secrétariat de la convention climat confirme qu’il est possible d’obtenir une trajectoire permettant de limiter le réchauffement en dessous de 1,5 -2°C d’ici la fin du siècle, mais que cela implique des efforts supplémentaires dans le temps », une majorité des populations interrogées semble ainsi aller en ce sens.

Une prise de conscience généralisée : le dérèglement climatique est une préoccupation très concrète des populations mondiales

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Plus encore qu’un seul enjeu politique, le dérèglement climatique apparaît aujourd’hui comme une préoccupation concrète et personnelle des populations : 72% de la population interrogée par le Pew Research Center se sent ainsi personnellement (très ou plutôt) concernée par le changement climatique. Elle redoute les conséquences très concrètes des changements climatiques, comme les épisodes de sécheresse (66% de la médiane mondiale), les événements climatiques extrêmes (25%), la chaleur extrême (14%) ou encore la montée du niveau des océans (6%).

Et si certains pays détonnent par rapport au ressenti mondial – par exemple, seulement 15 % des Chinois se sentent « très concernés » sur le plan personnel et 18% se déclarent « très inquiets », cela ne remet pas en cause le souhait d’un accord international : 71 % de la population chinoise soutiennent la signature d’un accord international, soit un écart de plus de 50 points.

Retrouvez l’étude complète et le détail des résultats sur le site de Pew Research Center.

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dernière modification le 10/11/2015

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