L’innovation propulse le nautisme français [ja]

L’industrie nautique française est fortement exportatrice, en grande partie grâce à ses innovations aujourd’hui destinées à favoriser une navigation de plaisance respectueuse de l’environnement. Son imagination créative sait aussi alimenter la part de rêve liée à la mer avec des prototypes futuristes pilotés par de célèbres navigateurs.

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© Thomas Lesage

Les Français sont spécialistes des objets flottants non identifiés. Ils ont testé le premier bateau à moteur à explosion (1870), fait courir le premier quillard à bulbe de lest au bout d’un aileron (1885), imaginé le premier hors-bord (1892), fabriqué les premières coques motonautiques planantes (1906). Aujourd’hui, c’est l’Hydroptère de l’inventeur Alain Thébault, construit en carbone et en titane, avec ses ailes flottantes qui le font planer au-dessus des flots, qui stimule l’imaginaire des amoureux de la mer... et de l’air ! L’Hydroptère est devenu, le 31 août dernier dans la baie de San Francisco, le voilier le plus rapide au monde et le Breton la nouvelle star des Américains, qui ont baptisé son trimaran révolutionnaire « The French Flying Carpet », le tapis volant français ! Les innovations modernes font bondir les performances et les records de vitesse sont très souvent français.

Les dernières prouesses technologiques ne bénéficient pas seulement aux barreurs de haut vol, mais à tous les plaisanciers, qui ont accès à des bateaux toujours plus légers et dans le même temps toujours plus fiables. En effet, les constructeurs misent sur la performance tout en privilégiant la sécurité. L’important effort en recherche et développement porte sur les matériaux (aluminium, composites, carbone) des très cotés mâts-ailes. Sans compter l’électronique et l’informatique sans cesse améliorées qui complètent l’équipement.

Les innovations high-tech visent aujourd’hui très souvent à rendre la navigation la plus compatible possible avec le développement durable, à l’image du fameux Hydroptère, 100 % écologique et sans moteur. Qu’ils soient fabriqués artisanalement ou en série, les nouveaux bateaux français se veulent respectueux de l’environnement. Leurs carènes sont en polyester, ce qui permet de diminuer le poids du bateau et ainsi d’économiser l’énergie. Ils sont équipés de systèmes de propulsion électriques ou hybrides ou de panneaux photovoltaïques.

Les chantiers mettent en place des techniques de vernissage sans polyuréthane, se servent de matériaux non polluants (des résines à basse émission de composants volatils par exemple) et développent de nouveaux procédés tels que l’injection sous basse pression. Les constructeurs utilisent des moulages à faibles émissions dans la construction de coques, de ponts, de pièces.

Les initiatives destinées à favoriser un nautisme écologique sont nombreuses. Entre autres, la Fédération des industries nautiques délivre un « label bleu » aux bateaux et équipements respectueux de l’environnement et organise un concours du « bateau bleu » destiné à stimuler les innovations en matière de conception et de fabrication propres. L’Agence pour l’Environnement et la Maîtrise de l’énergie a lancé, dans le cadre de l’opération « Investissements d’avenir », un appel à manifestation d’intérêt intitulé : « Navire du Futur ».

Ces atouts permettent aux entreprises de traverser le gros temps engendré par la crise économique en marquant leur différence. La filière est diversifiée, comprenant aussi bien le leader mondial de la voile Bénéteau - qui couvre l’ensemble du marché des monocoques et des catamarans - qu’une myriade de chantiers plus petits et spécialisés. Fleuron de l’industrie nautique nationale, la voile représente près de 60 % de la production nationale de bateaux de plaisance. Les constructeurs ont aussi su profiter de leurs acquis techniques pour développer un secteur motonautique prospère, plaçant le pays à la quatrième place pour la production de bateaux à moteur. La France est également numéro un mondial pour la production de bateaux pneumatiques et de matériels destinés aux sports de glisse.

Le marché intérieur résiste mieux que dans d’autres pays et les exportations, qui représentent presque 70 % du chiffre d’affaires du secteur, restent fortes. La France rivalise avec les plus grands, États-Unis, Italie, Grande-Bretagne, Allemagne et sa part de marché s’accroît régulièrement. Ses principaux clients sont européens (Scandinavie, Europe centrale, Allemagne, Italie), mais l’Asie, l’Amérique latine, la Russie et les autres pays de l’Est s’avèrent des marchés porteurs. Le Brésil, la Chine, l’Inde, la Turquie, les Émirats du Golfe ont le vent en poupe.

Les navigateurs français sont mondialement renommés, comme Franck Cammas, qui s’est imposé face aux Anglo-saxons dans la dernière Volvo Ocean Race, une course autour du globe particulièrement exigeante. Depuis le populaire Eric Tabarly, la course au grand large est devenue une spécialité hexagonale. Un concept unique de course-aventure s’est développé, comme en témoigne notamment le Vendée Globe (dont la prochaine édition partira des Sables d’Olonne le 10 novembre prochain) : un tour du monde à la voile, d’Ouest en Est, par les trois grands caps de Bonne Espérance, Leeuwin et Horn. De prestigieux rendez-vous, en particulier le Salon nautique de Paris en décembre - l’un des deux grands salons mondiaux avec Düsseldorf - constituent eux aussi des vitrines qui contribuent à la bonne image de marque du nautisme français.

Sites Internet :
- L’Hydroptère
- Salon international à flot du Grand-Pavois
- Salon nautique international de Paris

dernière modification le 07/11/2012

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