Inauguration d’un nouveau programme conjoint de recherche entre Airbus Group, le CNRS et l’AIST [ja]

Airbus Group, le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) et l’AIST (National Institute of Advanced Industrial Science and Technology) ont inauguré le 12 février 2016 à la Résidence de France au Japon, un grand programme conjoint de recherche sur la robotique collaborative.

Un événement emblématique de l’Année franco-japonaise de l’innovation

Ce programme impliquera le Laboratoire conjoint franco-japonais de robotique (JRL - Joint Robotics Laboratory) liant l’AIST et le CNRS, l’une des 4 Unités mixtes internationales franco-japonaises, qui jouent un rôle de pivot pour la collaboration scientifique et technologique. Ce partenariat avec l’un des plus grands groupes industriels européens constitue un événement emblématique de l’Année de l’innovation franco-japonaise. Il montre également la volonté d’Airbus Group d’investir fortement dans l’innovation et de renforcer son positionnement au Japon.

La cérémonie s’est tenue en présence de M. Ryoji Chubachi, président de l’AIST, de M. Jean-Yves Marzin, directeur de l’Institut des sciences de l’ingénierie et des systèmes (INSIS) du CNRS et d’une délégation d’Airbus group venue de France, dont M. Sébastien Remy, directeur d’Airbus Group Innovations. À cette occasion, une démonstration a été effectuée avec le robot HRP-2, capable de se localiser et se déplacer dans la pièce. Un stand de communication avait également été mis en place pour diffuser les informations sur les développements réalisés au JRL et sur le programme conjoint avec Airbus, notamment auprès des journalistes.
 

Un robot HRP
Un robot HRP
© Ambassade de France au Japon
L'Ambassadeur de France au Japon, Thierry Dana
L’Ambassadeur de France au Japon, Thierry Dana
© Ambassade de France au Japon
Dr Marzin, CNRS, Dr Hirukawa, AIST et l'Ambassadeur Thierry Dana
Dr Marzin, CNRS, Dr Hirukawa, AIST et l’Ambassadeur Thierry Dana
© Ambassade de France au Japon
Dr Kheddar, directeur français du JRL et Dr Marzin, directeur de l'INSIS
Dr Kheddar, directeur français du JRL et Dr Marzin, directeur de l’INSIS
© Ambassade de France au Japon
Sébastien Rémy, directeur d'Airbus Group Innovations, Ryoji Chubachi, président de l'AIST & Jean-Yves Marzin, directeur de l'INSIS au CNRS
Sébastien Rémy, directeur d’Airbus Group Innovations, Ryoji Chubachi, président de l’AIST & Jean-Yves Marzin, directeur de l’INSIS au CNRS
© Ambassade de France au Japon
Sébastien Rémy, directeur d'Airbus Group Innovations, Ryoji Chubachi, président de l'AIST & Jean-Yves Marzin, directeur de l'INSIS au CNRS
Sébastien Rémy, directeur d’Airbus Group Innovations, Ryoji Chubachi, président de l’AIST & Jean-Yves Marzin, directeur de l’INSIS au CNRS
© Ambassade de France au Japon
Sébastien Rémy, directeur d'Airbus Group Innovations, Ryoji Chubachi, président de l'AIST & Jean-Yves Marzin, directeur de l'INSIS au CNRS
Sébastien Rémy, directeur d’Airbus Group Innovations, Ryoji Chubachi, président de l’AIST & Jean-Yves Marzin, directeur de l’INSIS au CNRS
© Ambassade de France au Japon
Ryoji Chubachi (AIST), Abderrahmane Kheddar (JRL/CNRS), Jean-Yves Marzin (INSIS/CNRS)
Ryoji Chubachi (AIST), Abderrahmane Kheddar (JRL/CNRS), Jean-Yves Marzin (INSIS/CNRS)
© Ambassade de France au Japon

 

Robotisation des lignes d’assemblage, un véritable défi technologique

Comme un grand nombre de secteurs industriels, le secteur aéronautique souhaite avoir recours à la robotique sur ses lignes d’assemblage pour décharger les opérateurs humains des tâches les plus laborieuses ou dangereuses, afin qu’ils se consacrent à des tâches à plus forte valeur ajoutée. Toutefois, du fait des particularités des chantiers aéronautiques, la robotisation des lignes d’assemblage est un véritable défi technologique.

L’utilisation de robots à base fixe, très répandue dans l’industrie automobile n’est en effet pas adaptée à l’industrie aéronautique, du fait de la taille des engins aéronautiques : ce sont les robots qui doivent se mouvoir dans l’appareil. Les technologies actuelles restent cependant limitées à celles de robots dotés d’une base mobile et ne sont adaptées que lorsque la surface du sol est bien plane et sur un seul niveau, ce qui n’est le cas des chantiers d’assemblage des appareils aéronautiques.

Pour répondre à cette problématique particulière de l’industrie aéronautique, le service scientifique de l’ambassade de France au Japon avait organisé du 25 au 27 février 2014 un symposium et une série de visites sur le thème de la robotique collaborative et avait notamment à cette occasion mis en contact Airbus Group avec le JRL.

Le JRL possède en effet des compétences du meilleur niveau mondial dans le domaine de la robotique humanoïde et a notamment développé de nouvelles technologies de locomotion, dites multi-contacts, sur les modèles de robots humanoïdes HRP-2 et HRP-4 [1]. En s’aidant de tout son corps pour prendre contact avec son environnement, et non seulement avec ses pieds, ce type de robot peut ainsi monter des échelles et entrer dans des endroits exigus.

La possibilité d’avoir des contacts multiples permet aussi d’accroître la stabilité du robot et la force qu’il peut appliquer lorsqu’il effectue une tâche. De plus, la forme anthropomorphique de ces robots offre une polyvalence utile pour effectuer un grand nombre de tâches dans des environnements variés.

Une nouvelle étape pour la collaboration entre le JRL et Airbus Group

À l’issue de cet événement, Airbus Group et le JRL, avec d’autres partenaires européens, avaient soumis avec succès dans le cadre du programme européen Horizon 2020 le projet COMANOID [2] (4,25M€ de subventions allouées par la Commission européenne). Ce projet, qui a débuté en 2015 pour une durée de 4 ans, a pour but de faire entrer en toute sécurité un robot humanoïde en phase d’assemblage dans un avion, pour y réaliser des tâches simples.

Le lancement cette année d’un nouveau programme conjoint de recherche pour une durée de quatre ans constitue une nouvelle étape, après le projet COMANOID, pour la collaboration entre le JRL et Airbus Group. Ce programme vise à faire effectuer aux robots humanoïdes des tâches spécifiques de manipulation sur les lignes d’assemblage, en environnement contraint et limité, où ils devront faire un usage coordonné de leur corps pour mener à bien leurs missions.

Ces tests seront effectués sur un ensemble de scénarios tirés des besoins des différentes branches d’Airbus Group (Aviation Civile, Hélicoptères et Spatial), dont le réalisme ira croissant au fil des années. Du côté de la recherche en robotique, en plus des nouveaux développements réalisés pour répondre aux besoins de l’industrie aéronautique, cette collaboration devrait mettre en lumière les insuffisances des robots actuels (design, précision ou puissance, par exemple) et permettre de spécifier le cahier des charges de la première génération de robots humanoïdes dédiés à la manufacture de grandes structures, d’ici 10 à 15 ans.

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[1Le Projet Robotique Humanoïde (HRP) est un projet de développement de robots humanoïde pour l’aide domestique menée par Kawada Industries et soutenu par l’AIST et Kawasaki Heavy Industries. Depuis 1997, huit modèles de robots sont nés de ce projet.

[2Les partenaires du projet COMANOID sont : CNRS, AIRBUS, DLR, INRIA et l’University La Sapienza à Rome

dernière modification le 11/03/2016

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