Entretien de M. Jean-Marc Ayrault avec l’AFP

Hiroshima, 11 avril 2016

G7 - Syrie - Corée du Nord - Chine - Lutte contre la corruption et la fraude fiscale

Q - Vous en êtes à la troisième session de discussion de la réunion des ministres des affaires étrangères du G7, c’est ça ?

R - Oui, exactement et je trouve que ce format est intéressant parce qu’il y a des discussions assez libres finalement. Nous avons eu une discussion sur l’Ukraine, comme nous avons eu aussi une longue discussion sur la Corée du Nord.

Nous avons abordé des questions essentielles comme la lutte contre le terrorisme, avec un accord global pour renforcer notre mobilisation, et notamment la lutte contre le financement du terrorisme. Dans cette lutte nous avons évoqué la lutte contre les zones grises, les paradis fiscaux et les comptes offshore. Ce n’est pas la seule raison pour laquelle on se bat contre les paradis fiscaux et contre l’évasion fiscale. Des propositions ont d’ailleurs été faites par la France et l’Allemagne, notamment ce week-end. Et cela me paraît aller dans le bon sens. Il faudrait que la France et l’Allemagne prennent l’initiative d’une vaste mobilisation pour renforcer l’arsenal dont nous disposons déjà.

La coopération en matière de lutte contre le terrorisme passe aussi évidemment par les échanges de renseignements et d’informations. C’est déjà le cas mais, là aussi, c’est un élément essentiel qui doit être amplifié. Et puis nous nous sommes réjouis, puisque, je l’ai évoqué à plusieurs reprises, le fichier européen des données des passagers, dit « PNR » va être adopté par le Parlement européen cette semaine.

Sur la Syrie, notre objectif est de favoriser une transition politique. Il n’y a pas de solution à cette crise sans cela. Cela suppose de donner toutes leurs chances aux négociations qui sont en cours à Genève, où l’opposition modérée est pleinement engagée et fait des propositions très concrètes et constructives. Ce qui n’est pas encore le cas du régime, qui, pour l’instant, est totalement fermé à toute évolution, et c’est sur lui qu’il faut maintenir la pression. C’est aussi la Russie qui est en première ligne à cet égard et avec laquelle on multiplie les échanges. John Kerry était à Moscou, Frank-Walter Steinmeier aussi et je vais y aller très prochainement. Moi, je pense que tout le monde contribue à ce dialogue essentiel pour faire bouger les lignes. Et l’idée c’est qu’effectivement, on adopte un processus de transition le plus rapidement possible. Une étape de transition qui est indispensable, qui peut porter sur le contrôle de l’armée, des services de renseignement et sur la nature des institutions finales, mais qui doit faire l’objet des discussions. Or, jusqu’à présent, rien n’a bougé et donc c’est notre objectif prioritaire.

Évidemment l’autre grand objectif, c’est la lutte contre Daech. Je dirais même que tout cela doit être mené de front. Les choses avancent là aussi, il y a Daech qui recule en Irak et en Syrie, c’est vrai, mais on est loin d’être au bout du compte. Certains évoquaient la reconquête de Palmyre. Mais même si c’est une bonne chose, cela ne doit pas non plus faire illusion et faire oublier notamment que le régime de Damas avait abandonné Palmyre, on s’en souvient, sans combattre. Aussi la question de la lutte contre Daech est posée en Syrie, en Irak et en Libye.

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Sur la Corée du Nord, nous avons eu une discussion très intéressante qui a fait ressortir la montée de la menace, des risques que constitue ce régime pour toute la région mais aussi pour le monde. C’est donc très important que tout soit fait pour stopper cette spirale de la menace et il faut continuer à faire pression sur ce régime. Nous l’avons fait en adoptant de nouvelles sanctions au conseil de sécurité des Nations unies, transposées au niveau européen. L’Europe est à l’initiative. Mais il faut aussi renforcer la mobilisation et la concertation avec les pays de la région, et, bien sûr, le Japon est concerné et joue un rôle positif très important, ainsi que la Chine.

Nous avons beaucoup évoqué la Chine hier qui, même si elle n’est pas membre du G7, était quand même indirectement présente, comme grand pays, comme grand partenaire. Nous avons évoqué aussi la question de la mer de Chine. La position de la France est claire : c’est l’attachement à la liberté de navigation et de survol, le règlement des différends par la voie pacifique et l’absence de gestes unilatéraux ayant pour objectif de modifier le statu quo.

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Q - Sur ce sujet, M. Kishida voulait publier un document, une sorte de déclaration de Hiroshima, donc est-ce que cela rappellera les grands principes ?

R - Oui, bien sûr, on va y retrouver tout cela. Je crois que c’est important, c’est dans le texte final. On a aussi évoqué l’initiative française pour lancer le processus de paix au Proche-Orient qui, évidemment, a été un moment intéressant d’échange, aussi bien entre les sept qu’avec Mme Mogherini. J’ai évoqué le processus en deux étapes : d’abord une réunion ministérielle qui pourrait se tenir assez vite maintenant, début juin au plus tard, et qui pourrait permettre de définir les conditions dans lesquelles on peut relancer ce processus en tenant compte évidemment des travaux du quartet, car il est hors de question évidemment de l’ignorer. (...).

G7 - Libye

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La crise libyenne dont nous n’avons pas parlé était aussi à l’ordre du jour ; ce fut là aussi un moment très positif. La crise libyenne est très importante, parce qu’elle implique le risque migratoire, le risque terroriste, mais aussi parce que ce pays a besoin de stabilité : il est épuisé par les divisions et les violences. L’arrivée à Tripoli du gouvernement de M. Sarraj est une très bonne chose. C’est un message d’espoir, c’est ce que nous espérions les uns et les autres, tous ceux qui étaient autour de la table, et l’annonce aussi que le Parlement pourrait se réunir prochainement pour donner sa confiance à ce gouvernement est également un signe tout à fait positif. À Tunis aura lieu une conférence des pays donateurs qui doivent s’engager et la France y sera bien sûr représentée par son ambassadeur. Je pense qu’aujourd’hui nous sommes dans la bonne direction.

Q - Un premier bilan, vos premières impressions ?

R - Vous savez, on rentre vite dans le vif du sujet. À peine installé dans mes fonctions de ministre des affaires étrangères et du développement international, de chef de la diplomatie française, je me suis rendu à Munich dès le lendemain et, à l’ordre du jour était la question libyenne, comment faire pour sortir de la crise libyenne et des risques que cela représente pour toute la région et aussi pour l’Europe.

Bien sûr, il était clair qu’il fallait tout faire pour créer les conditions d’un gouvernement légal et reconnu par la communauté internationale à Tripoli, et certains doutaient que ce soit possible. Je constate qu’avec patience et détermination, nous avons fini par voir la situation évoluer et je m’en félicite.

La diplomatie est indispensable, utile et peut obtenir des résultats même si elle n’est pas spectaculaire. C’est sans doute ce qui fait l’exigence de cet engagement et de cette mobilisation mais je pense que cela en vaut la peine. Le monde a besoin de sécurité, de liberté, de progrès et on doit tous y prendre notre part et, en tant que ministre des affaires étrangères, je considère qu’avec mes homologues nous contribuons à faire avancer le monde dans cette perspective.

Il y a beaucoup de fronts qui me mobilisent - vous avez cité l’Europe - nous allons aborder cet après-midi le Sahel, l’Afrique, le développement, puis, aussi bien sûr toutes les crises que nous connaissons et que j’ai décrites il y a quelques instants. C’est un engagement qu’on doit mener à fond et c’est ce que je fais. (...).

G7 - Désarmement nucléaire

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Enfin, nous allons nous rendre dans quelques instants au mémorial d’Hiroshima. C’est un moment à la fois fort, émouvant et symbolique. Nous avons évoqué l’enjeu du désarmement nucléaire et de la non-prolifération. C’est un sujet évidemment qui prend encore plus d’ampleur ici à Hiroshima. Mais cela m’a permis de rappeler que la France est un pays qui assume ses responsabilités, j’ai cité notamment deux dossiers : la ratification par tous les pays de l’accord interdisant les essais nucléaires, la France l’a signé mais cela fait 20 ans et il est temps qu’il rentre en application, et, par ailleurs, nous appelons à l’ouverture de négociations pour un nouveau traité allant dans le sens de la réduction des armes nucléaires concernant l’arrêt de la production de matière fissile par la France, ce que fait la France d’ailleurs. Je rappelle que la France, puissance nucléaire, a décidé de façon unilatérale non pas de se séparer de son arsenal nucléaire mais d’en limiter l’importance depuis la guerre froide. Nous avons donné des signes concrets de la direction dans laquelle il nous semble nécessaire d’aller à l’échelle mondiale.

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Q - Pour revenir sur la visite au mémorial, donc vous êtes l’une des trois puissances nucléaires du G7, il y a beaucoup de gens qui s’interrogent, hier on en a croisés, et qui disent : « pourquoi vous conservez un arsenal nucléaire ? Ils font de grandes déclarations sur un monde sans armes nucléaires » mais au final quel est le message que vous voulez faire passer à ces gens-là ?

R - Il y a beaucoup d’armes nucléaires dans le monde. Les grandes puissances historiques ont été les premières à en disposer, mais d’autres pays se sont dotés de l’arme nucléaire et l’objectif c’est d’aller vers un monde sans armes nucléaires. C’est une perspective, mais pour y parvenir, il n’y a pas d’autre possibilité que d’y aller par étape et de le faire de façon responsable. C’est la position de la France qui, après la fin de la guerre froide, a décidé de diminuer de moitié son arsenal nucléaire. C’est un geste qui est très important et nous sommes un pays qui ne produit plus de matière fissile pour les armes. La France l’a décidé pour elle-même et c’est pourquoi notre pays souhaiterait deux choses dans l’immédiat : première étape c’est la ratification du traité signé il y a 20 ans concernant l’interdiction des essais nucléaires et, d’autre part, un traité nouveau dont il faudrait commencer la négociation pour l’interdiction de fabrication de matière fissile pour les armes nucléaires. Ce serait deux étapes très concrètes et il ne s’agit pas de faire des déclarations unilatérales pour la paix, qui sont assez faciles.

C’est en particulier la difficulté, pour les pays qui sont dotés d’une arme nucléaire, de donner des signes concrets de leur sincérité pour avancer vers un monde sans arme nucléaire. Et la France le fait. Mais elle le fait aussi en préservant sa sécurité et elle ne se désarme pas de façon unilatérale, elle avance des propositions concrètes qui doivent être reprises aussi par l’ensemble des pays concernés, sinon on n’arrivera à aucun résultat.

La France est convaincue de la nécessité d’avancer encore davantage par rapport à ce qui a été fait dans le passé et le message d’Hiroshima est celui-là. Celui d’une détermination à progresser dans cette direction parce qu’évidemment on ne peut pas banaliser l’arme nucléaire comme certains seraient tentés de le faire. On n’imagine pas l’arme nucléaire utilisée sur certains champs de bataille et des champs de bataille, malheureusement, il y en a encore beaucoup aujourd’hui.

Q - Avez-vous parlé du risque d’une bombe sale justement, qui a été pas mal évoqué au sommet nucléaire à Washington ?

R - On a évoqué le cas de la Corée du Nord, même si on n’a pas approfondi cet aspect des choses, et puis le respect du traité interdisant les essais nucléaires qui serait quand même un signe très fort si tous les pays concernés le ratifiaient. Aujourd’hui cela fait 20 ans que ce traité a été signé.

(...)

Q - Vous allez vous rendre dans quelques minutes au mémorial de Hiroshima, c’est une première pour un ministre des affaires étrangères français, qu’attendez-vous de cette visite ?

R - C’est un moment symbolique. C’est un moment émouvant bien sûr, d’abord pour les Japonais qui leur rappelle cette tragédie mais qui était aussi la tragédie de la Seconde guerre mondiale et qui a fait tellement de dégâts humains, avec des dizaines de millions de morts en Europe, en Asie, qu’il fallait y mettre un terme, mais c’est évidemment un souvenir tragique. Et ce que partage ce G7, c’est la volonté de créer les conditions d’une véritable paix durable à travers le monde, monde qui est menacé et donc y compris dans cette région avec la Corée du Nord qui ne cesse de multiplier les provocations et qui présente un réel danger. C’est la raison pour laquelle nous avons beaucoup discuté entre nous de la manière de continuer à faire pression sur ce régime, d’associer aussi tous les pays concernés, de la région. Pas seulement le Japon, où nous sommes, mais aussi la Chine ; il faut absolument empêcher que cette menace un jour se concrétise.

Et puis, s’agissant de la non-prolifération des armes nucléaires, nous nous sommes félicités de l’accord intervenu avec l’Iran, fruit de la discussion, de la négociation par la voie politique et diplomatique et puis nous avons décidé aussi de nous engager pour que tous les pays concernés ratifient le traité d’interdiction des essais nucléaires, ce qu’a fait la France.

Mais on voit à quel point les choses avancent lentement, puisque ce traité a été signé il y a 20 ans. La France a proposé, ce qui est aussi partagé par ses partenaires du G7, qu’une discussion avance pour un nouveau traité, qui conduirait à interdire la fabrication de matières fissiles pour les armes, qui serait une nouvelle étape dans la réduction de l’armement nucléaire et de la prolifération de l’armement nucléaire. En ce qui concerne la France - puisque la question nous est souvent posée « vous êtes une puissance nucléaire, alors que faites-vous ? -, ce sont ces deux objectifs politiques que je viens de rappeler mais aussi nous avons commencé, après la guerre froide, à réduire notre arsenal nucléaire. En même temps, nous savons bien que, si nous voulons faire disparaître l’arme nucléaire, il faut qu’il y ait une négociation et que tous les pays concernés y contribuent et eux-aussi avancent dans cette réduction de façon concrète.

Q - Pensez-vous que les États-Unis devraient présenter des excuses, ce qu’ils n’ont jamais fait ?

R - Je crois que c’est l’affaire des États-Unis. Ce qui est sûr, c’est que la visite du secrétaire d’État John Kerry est une visite qui est forte en symbole, une première visite, aucun secrétaire d’État américain ne s’est rendu à ce mémorial. Je crois que ce que nous partageons ensemble, les pays du G7, c’est la même volonté d’une véritable paix et d’une sécurité pour le monde entier, partout. Mais nous savons aussi que la menace est multiple.

La menace est aussi celle du terrorisme, qui a été l’une des questions à l’ordre du jour. Nous avons constaté beaucoup de convergences dans la nécessité de nous mobiliser encore plus, encore plus je dis bien, car cette menace est toujours là, notamment la lutte contre le financement du terrorisme. Lorsqu’on parle des comptes offshores, évidemment on parle de tous ceux qui fraudent le fisc, qui veulent échapper à l’impôt. Mais on parle aussi évidemment des ressources financières occultes qui viennent du crime, des trafics humains, de la drogue, mais aussi qui viennent du financement du terrorisme. Donc, toute cette bataille est la même et cette mobilisation est nécessaire.

G7 - Migrations - Union européenne - Turquie

(...)

Q - Au niveau de l’Union européenne, on voit qu’il y a beaucoup de menaces, il y a le risque d’un Brexit, la crise des migrants avec un accord qui est très controversé. Donc on sait que vous êtes un Européen convaincu. Est-ce que vous ne redoutez pas la fin de l’Europe ?

R - Il faut justement tout faire pour qu’il n’en soit pas ainsi. Les pays européens ont besoin de l’Europe, les peuples européens ont besoin de l’Europe mais le monde a besoin de l’Europe. Il en a été beaucoup question, là encore de façon informelle, ce n’était pas à l’ordre du jour, mais on s’est tous inquiété des risques. Il y a eu récemment un référendum aux Pays-Bas où le non l’a emporté, même si la participation était faible, mais il faut le voir comme un signe d’inquiétude à l’égard de l’Europe, une peur de l’avenir de l’Europe : la crise des migrants, la question du terrorisme peuvent conduire les peuples à se replier sur eux-mêmes.

Et, justement, c’est là que l’Europe doit être capable de porter un projet, d’apporter davantage de sécurité à ses citoyens, à ses habitants et, en même temps, d’être capable d’entraîner sur des réponses aux questions que la mondialisation et la globalisation nous posent. Des questions nouvelles comme les mutations économiques et technologiques, comme le défi climatique et, bien sûr, la question de la croissance et de l’emploi. Sur toutes ces questions, je crois que l’Europe doit être beaucoup plus ambitieuse.

Pour l’immédiat, il y a la crise des réfugiés où l’accord qui a été conclu entre l’Union européenne et la Turquie était un accord indispensable si on veut mettre un terme à la crise, qui pointe, d’une crise humanitaire en Grèce. Je pense qu’il n’y avait pas d’autre voie, c’est une voie exigeante, une voie difficile qui commence à se mettre en oeuvre, doucement c’est vrai, mais qui est indispensable.

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Q - On voit que c’est très difficile...

R - C’est difficile mais je pense qu’on n’avait pas d’autre choix ; ce qui veut dire aussi accentuer la lutte contre les trafics humains, les passeurs, et je crois qu’il faut conjuguer nos efforts et la Turquie doit y prendre sa part aussi. Nous sommes prêts à l’aider mais, en même temps, il faut que tout le monde s’y mette.

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Nous nous sommes félicités aussi de l’adoption prochaine par le Parlement européen du PNR qui permet de mieux contrôler notamment les entrées et les sorties à travers les vols aériens. Je crois que c’est vraiment important que nos sociétés, en particulier les sociétés démocratiques, montrent qu’elles sont capables de se protéger mais, en même temps, en respectant leurs valeurs et les principes démocratiques. Et c’est ce que nous avons abordé évidemment avec les pays qui étaient autour de la table et qui partagent justement ces valeurs.

G7 - Ukraine - Russie

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Q - Vous voulez parler d’Ukraine maintenant ?

R - Sur l’Ukraine, nous avons eu tout à l’heure une longue discussion, très intéressante, qui a permis aux deux pays responsables du format Normandie de donner toutes les réponses possibles à nos partenaires. Le respect des accords de Minsk, de tous les accords de Minsk, c’est pour nous essentiel. Et, actuellement, ce qui est en train de se passer va dans le bon sens puisqu’il semblerait qu’après la démission du Premier ministre ukrainien un nouveau gouvernement soit installé à Kiev, et nous espérons qu’il y ait la confiance du Parlement parce que c’est vrai qu’aujourd’hui tout est bloqué.

Il y a deux blocages qu’il faut constater : les blocages dans le Donbass, avec une répétition des atteintes au cessez-le-feu et une augmentation même des manifestations hostiles, je crois qu’il faut être conscient des risques. En même temps, à Kiev, les réformes sont bloquées, notamment ce que nous demandons : qu’un statut spécial pour le Donbass soit adopté, qu’une réforme électorale et un mode d’élection soient adoptés.

Pour l’instant les choses sont assez dans l’impasse, même si nous avons connaissance d’un projet de loi, d’un avant-projet de loi concernant la réforme électorale. Il faut absolument que les choses se concrétisent extrêmement rapidement. Et nous avons abordé, bien évidemment, la question des sanctions de l’Union européenne vis-à-vis de la Russie. Cette question des sanctions doit être abordée essentiellement dans le cadre des avancées des accords de Minsk que je viens d’évoquer et il n’y a aucune raison pour l’instant de dire que les sanctions doivent être levées si rien ne bouge.

Q - Juste pour revenir sur la démission du Premier ministre ukrainien, pour vous cela va dans le bon sens, cela peut contribuer à débloquer ?

R - On était dans une situation de blocage lorsque nous sommes allés, les 22 et 23 février, à Kiev avec Frank-Walter Steinmeier. Il est absolument indispensable que l’Ukraine engage ces réformes qui concernent les accords de Minsk et qui concernent l’Ukraine pour elle-même, pour son économie et sa stabilité politique. (...).

dernière modification le 14/04/2016

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