Comprendre la germination particulière des graines des plantes parasites [ja]

Les orobanches sont des plantes parasites de plantes de grande culture. Afin de développer des méthodes de lutte spécifiques et efficaces contre ces redoutables bio-agresseurs, le Professeur Atsushi Okazawa de Osaka Prefecture University et le Professeur Philippe Delavault de l’Université de Nantes, cherchent à mieux comprendre la biologie de ces pathogènes et notamment la germination particulière de leurs graines.

Le Professeur Philippe Delavault (Université de Nantes) et le Professeur Atsushi Okazawa (Osaka Prefecture University) nous parlent de leur projet franco-japonais Sakura, soutenu par l’ambassade de France au Japon. Ce projet appartenant au domaine biologie, médecine, santé, a bénéficié de deux années de financement.

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En quoi consiste votre projet ?

Les orobanches sont des plantes parasites qui s’attaquent à de nombreuses plantes de grande culture (colza, tomate, tournesol, légumineuses…) en venant se fixer sur leurs racines et ainsi y puiser leurs nutriments. En cas de fortes infestations, les rendements des cultures peuvent être réduits à néant. Or les méthodes de luttes actuellement disponibles se révèlent être inefficaces notamment en termes de durabilité.

Particularité de ces plantes parasites, la germination de leurs graines ne peut avoir lieu qu’après perception de signaux moléculaires, les stimulants de germination, émis par les racines de la future plante hôte. Dans le cadre du développement de méthodes de lutte, c’est cette étape précise de la biologie particulière de ces phytopathogènes qui est visée. En effet, il peut être envisagé soit de provoquer artificiellement la germination de ses graines, on parle alors de germination « suicide », soit de l’inhiber ; dans les deux cas l’objectif est de réduire la nuisibilité de ces redoutables bio-agresseurs.

Pour mener à bien ces objectifs très appliqués, il est nécessaire dans un premier temps de mieux comprendre la biologie de ce processus particulier de germination. Les laboratoires du Professeur Atsushi Okazawa de Osaka Prefecture University, Japon, et du Professeur Philippe Delavault de l’Université de Nantes, France, collaborent ainsi pour décrypter les mécanismes moléculaires de la germination des graines des orobanches afin d’identifier des cibles spécifiques et précoces et donc d’aiguiller les chercheurs vers le développement de méthodes de lutte efficaces et durables contre les orobanches.

Quels résultats avez-vous obtenus et quelles retombées attendez-vous ?

Les principaux résultats obtenus sont la mise en évidence du caractère essentiel d’un acteur moléculaire majeur, le gène CYP707A, et du métabolisme d’un sucre, le plantéose, dans le processus de germination des graines de nombreuses espèces d’orobanches.

Que vous a apporté le partenariat Sakura ?

Sur le plan scientifique, cette collaboration bilatérale a permis le développement de nouveaux outils biotechnologiques d’investigation de la biologie des orobanches (Production de cals, transformation génétique de la plante parasite, analyses transcriptomique et métabolomique...).

Sur le plan humain, les échanges ont été de véritables opportunités pour les jeunes chercheurs impliqués de découvrir des univers scientifiques et culturels très différents.

À propos du partenariat Sakura

Le partenariat Sakura, soutenu par les ministères des affaires étrangères et du développement international (MAEDI) et de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur et de la recherche (MENESR) en France et par la JSPS (Japan Society for Promotion of Science) au Japon, vise à favoriser de nouvelles coopérations entre jeunes chercheurs et à développer les échanges scientifiques et techniques de haute qualité entre les universités et les institutions de recherche des deux pays.

dernière modification le 26/12/2016

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