Chat avec la Communauté française (14/06/2012)

Toujours soucieuse de renforcer l’information de la communauté française, et de mieux répondre aux questions de nos compatriotes, l’Ambassade de France au Japon a tenu le 14 juin 2012, un "chat" consacré aux conséquences de la crise de Fukushima. Vous trouverez ci-après la liste des questions posées et les réponses qui ont été fournies par le Conseiller nucléaire de l’Ambassade Christophe Xerri et l’expert de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) Olivier Isnard.

Conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima (jeudi 14 juin 2012)

Bonjour, le chat a commencé. Merci de vos nombreuses questions, auxquelles nous allons maintenant répondre.

Commentaire de la part de Midori Watanabe : Bonjour, Mes questions concernent la piscine de désactivation N°4 (et éventuellement la N°3) : Le rapport N°40 de l’ASN mentionne que la piscine N° 3 est aussi chargée en combustible. Cette piscine présente-t-elle les mêmes risques que la piscine N° 4 dont on a beaucoup parlé de manière alarmiste récemment dans les médias ? Dans le cas d’un nouveau séisme de forte puissance, qui, malgré les travaux de consolidation effectués par TEPCO, pourrait causer des dégâts importants sur cette piscine et entrainer un dénoyage des combustibles, existe-t-il des dispositifs de substitution qui permettraient un refroidissement suffisant de ces combustibles afin d’éviter le scénario catastrophe annoncé par ces médias ? Je vous remercie pour votre attention.

Bonjour, aujourd’hui le risque identifié sur les différentes piscines du site est bien le séisme. Certaines structures ont été renforcées pour permettre une meilleure résistance. Néanmoins face à un nouveau séisme majeur la garantie de tenue des structures n’est pas assurée.

L’enjeu est donc de rapidement évacuer les combustibles des piscines. Pour ce qui concerne le refroidissement, à l’heure actuelle le combustible est beaucoup plus "froid" que l’an dernier et l’opérateur dispose de beaucoup plus de temps pour remettre de l’eau en cas d’avarie.

Commentaire de la part de P. Massonat : Alors que la piscine du réacteur 4 n’est toujours ni sécurisée ni vidée de son contenu. Et les conséquences d’un nouvel incident porteraient la contamination bien au delà de Tokyo ; les capsules d’iodines arrivent soit a péremption, soit mal stockées ont été rendues inutilisable. Y-a-t-il de la part de l’Ambassade un plan de renouvellement de ses capsules ?

Même si elles sont extrêmement stables et ne se dégradent que peu avec le temps, les pastilles sont assimilées à des médicaments et donc soumis à une date de péremption. Il va de soi que l’Ambassade veille à conserver un stock en cours de validité. Pour les explications techniques sur la piscine, je vous renvoie au message d’Olivier Isnard en réponse à « Midori Watanabe ».

Commentaire de la part de J Shimizu : Déconseillez-vous l’allaitement maternel à cause des risques d’irradiation interne ? (comme j’ai pu le lire dans un livre japonais dernièrement)

Commentaire de la part de J Shimizu : Ma fille est née en juillet de l’année dernière et elle sera sans doute amener à rester vivre toute sa vie au Japon. A part les précautions à prendre concernant son alimentation dois-je lui faire faire des examens médicaux par précaution ?

Bonjour. Il n’y a pas de restriction particulière vis-à-vis de l’allaitement. La problématique de l’allaitement se pose principalement au début de l’accident lorsque l’iode est présent de l’environnement et pourrait, après assimilation par la mère, être transféré à l’enfant. A ce stade, nous ne trouvons plus d’iode dans l’environnement.

Commentaire de la part de J Shimizu : Pour en revenir à l’allaitement, s’il n’y a plus de risques de transmettre de l’iode a son enfant, il semble âpres analyses du lait de nombreuses mamans que du césium (je ne sais pas lequel) y ait été trouve. Quelles conséquences sur les nourrissons cela a-t-il ?

Les niveaux de contamination en césium de lait maternel devraient être faibles et donc ne pas poser de problème aigu de contamination pour l’enfant. L’exposition chronique à des niveaux faibles de césium est à l’heure actuelle encore assez mal connus. Il existe des programmes de recherche en cours sur le sujet.

Commentaire de la part de Pascale BAZIN : Je pars au Japon début Juillet pour 3 semaines. Tokyo et ballades dans le périmètre de Tokyo, le sud du Japon et peut-être l’île d’Hokkaido. Quelles précautions dois-je prendre concernant des risques de contaminations ? Quelles recommandations feriez-vous quant à l’alimentation, l’eau de boisson ? Y a-t-il des lieux à éviter ? Des aliments à ne pas prendre ? Vais-je rentrer en France chargée comme une pile ? Merci pour vos réponses.

Commentaire de la part de J Shimizu : La crèche de ma fille de 1 an à Yokohama ne prend pas de mesure particulière concernant la nourriture de la cantine et m’assure que "tout va bien". Je suis donc a peu près sure qu’elle ingère des éléments irradies malgré les précautions prisent a la maison. Qu’elles conséquences pourraient avoir l’ingestion des produits contamines sur un si petit organisme ?

Commentaire de la part de Visiteur : Faut-il prendre des précautions particulières pour la consommation de poisson, et si oui pour combien de temps ?

Commentaire de la part de Laurent Samier : Sait-on ou se situent les matériaux en fusion et le risque qu’ils entrent en contact avec des nappes d’eau ?

Commentaire de la part de Visiteur : Bonjour, Nous avons vécu 4 belles années à Tokyo avant de revenir en France. Nous aimerions retourner y vivre avec nos deux enfants de 6 et 8 ans, mais nous sommes inquiets pour eux par rapport à une alimentation et un environnement potentiellement contaminés. Pensez-vous que le niveau de contamination actuel implique de mettre en pause ce projet afin de les protéger de potentiels impacts à long terme ? Merci par avance pour votre réponse.

Bonjour,

Aujourd’hui, la surveillance exercée par les autorités japonaises montre que les denrées alimentaires les plus contaminées sont les champignons, certaines productions végétales particulières comme les pousses de bambous, les crosses de fougères. Des dépassements des normes japonaises de contamination sont encore observés pour ces productions.

La contamination de certains poissons de rivières (saumon, carpes) entraîne aujourd’hui encore des dépassements des normes, de même que pour certains poissons marins (anguille, poissons de roche).

De manière générale cependant le niveau général de contamination des productions animales et végétales a fortement baissé. De plus la surveillance a été renforcée et certains producteurs ont même mis en place des dispositions plus sévères que celles des autorités.

Toutes ces dispositions concourent à renforcer la sécurité alimentaire.

Concernant l’eau de boisson, aucun dépassement des normes n’a été porté à notre connaissance à partir des informations disponibles.

Commentaire de la part de Visiteur : Bonjour, et merci de votre écoute ! Vivant à 100km au nord de Fukushima, je vis mal le lourd silence ambiant qui entoure la question. Au lieu de me rassurer sur la situation, il me donne la fâcheuse impression que la crise est gérée avec d’autres soucis de premier plan que celui de la sécurité du public. Quels sont les dangers encore présents résultants de la contamination de l’environnement au cours de cette catastrophe ? Et quels sont ceux liés à la précarité actuelle des installations endommagées de la centrale ? Peut-on se satisfaire de l’attitude qui consiste à "faire comme tout le monde" ?

Les risques associés à vivre dans une zone contaminée sont principalement de deux natures : l’exposition externe à la radioactivité d’une part, l’ingestion de contamination par voie alimentaire ou par ingestion involontaire (contact main-bouche) d’autre part. Les autorités japonaises ont pris des mesures pour éloigner les personnes vivant dans les zones les plus contaminées.

Pour le risque d’ingestion, il existe un système de contrôle des denrées avant la mise sur le marché et varier son alimentation (notamment en termes de provenance) est un moyen efficace de limiter la contamination interne.

Commentaire de la part de Robert : J’ai lu que les sables de la rivière qui coule à 500m de chez moi avaient donné un résultat de 11 000 Bq /kg de césium 134 et 137. Cela signifie-t-il que tôt ou tard cette contamination passera dans l’eau du robinet ?

Bonjour, la contamination observée est une contamination des sédiments et le transfert entre ces sédiments et l’eau est connu pour être très faible. Donc il ne faut pas s’attendre à une contamination importante de l’eau de boisson. Dans tous les cas, les autorités ont mis en place un système de contrôle de l’eau de boisson afin de prévenir la distribution d’eau qui dépassera la limite autorisée.

Commentaire de la part de Visiteur : Quel est l’état de santé des intervenants de la première heure sur le site ?

A ce stade, personne n’a fait état de pathologie liée à une exposition à la radioactivité relevée sur ces personnes, qui sont régulièrement suivies ; certaines personnes cependant ont encore des problèmes liées au stress.

Commentaire de la part de Visiteur : Quel est le calendrier de la restauration des sols autours de la centrale, et quand peut-on estimer que la vie y reprendra normalement ? Comment peut-on nettoyer les sols contaminés ?

La situation de restauration des sols est contrastée en fonction du niveau de contamination. Pour les zones proches de la centrale et très contaminées (> 50mSv) on estime que personne ne pourra revenir avant probablement au moins 10 ans.

Pour les zones moins contaminées (entre 20 et 50mSv), l’objectif est de permettre un retour définitif des populations sous 6 mois à 3 ans environ, sachant que dans une partie de cette zone, les personnes sont déjà autorisées à revenir dans la journée.

Pour les autres zones, il n’y a pas eu d’évacuation.

Dans tous les cas les travaux de décontamination sont lancés.

Pour les sols eux-mêmes, l’une des solutions est de racler la terre. D’autres solutions sont également envisagées, notamment des méthodes de biorémédiation.

Commentaire de la part de Visiteur : Divers déchets traversent le pacifique et arrivent aux US et au canada. Y a-t-il des objets dangereux, chimiquement ou radiologiquement, qui seraient identifiés et en train de faire la traversée ?

Concernant les déchets traversant le Pacifique, le risque radiologique est très faible voire nul dans la mesure où ces déchets n’ont pas nécessairement subit de retombées radioactives ou ont été lessivés par les eaux du Pacifique. Un risque chimique n’est pas à exclure suivant la nature du déchet. Si l’on prend l’exemple du ponton qui est arrivé dernièrement sur les côtes américaines, la préoccupation des autorités est de nature environnementale du fait des algues accrochées à ce ponton, pour lesquelles il pourrait y avoir un risque de colonisation des côtes.

Un risque pour la navigation n’est pas à exclure.

Commentaire de la part de M. Billy : Pour l’allaitement et autres aliments, selon vous, l’iode uniquement pose problème ? Pas le césium, ni le strontium, ni le plutonium, et j’en passe...?

L’iode n’est pas le seul élément à passer dans le lait, néanmoins il a une affinité plus grande avec le lait et passe plus facilement que les autres éléments.

Commentaire de la part de Denis Perret-Gallix : Et la teinture d’iode peut-elle être utilisée en application cutanée et faible dose ?

Bonjour, la teinture d’iode peut être utilisée, pas de manière cutanée mais en l’avalant. Mais ce procédé n’est pas d’actualité compte tenu qu’il n’y a plus d’iode dans l’environnement.

Commentaire de la part de Midori Watanabe : Merci pour votre commentaire : "....... Pour ce qui concerne le refroidissement, à l’heure actuelle le combustible est beaucoup plus "froid" que l’an dernier et l’opérateur dispose de beaucoup plus de temps pour remettre de l’eau en cas d’avarie......." Pouvez vous faire une estimation du temps (combien d’heures ou combien de jours (?) dont disposerait TEPCO pour remettre de l’eau en cas d’avarie et donc dans quel délai faudrait éventuellement évacuer Tokyo ?

Compte tenu de la température des piscines actuelles (de l’ordre de 40°) il faudrait plusieurs jours sans eau avant de découvrir le combustible.

Le cœur fondu est resté dans la cuve du réacteur et dans l’enceinte de confinement. Il est maintenant solidifié. Selon les évaluations qui ont été faites, une partie des éléments fondus a pénétré la partie haute du béton de la dalle (toujours dans l’enceinte de confinement), et n’évoluent plus. Selon ces estimations, il n’y a donc pas de contact avec la nappe phréatique.

A ce jour, aucune pollution radioactive de la nappe phréatique n’a été mesurée.

Commentaire de la part de Visiteur : Les autorités ne parlent que de contamination par le cesium et l’iode. Cela n’est-il pas problématique quand l’on sait qu’il y a d’autres substances dégagées et qui peuvent-être plus dangereuses ?

Commentaire de la part de Visiteur2 : Déconseillez-vous de fréquenter des plages comme Shimoda par exemple ou les enfants seraient en contact avec l’eau de mer et le sable ?

Il n’y a pas d’interdiction de baignade sur la plage de Shimoda, ni d’ailleurs sur les plages du Japon, ni de restriction particulière.

Des mesures sont faites régulièrement dans l’eau de mer, elles montrent des niveaux à la limite des seuils de détection.

Par mesure de précaution et d’hygiène, comme d’habitude, bien se rincer après les bains de mer.

Commentaire de la part de Visiteur : Que pensez-vous du fait que la préfecture de Fukushima a arrête toute statistique concernant la population (naissances, décès, etc.) ? Cela parait être un moyen de dire dans le futur que si des gens sont malades, cela n’a probablement rien à voir avec Fukushima.

Nous n’avons pas connaissance d’interruption de statistiques par la préfecture de Fukushima.

Commentaire de la part de Visiteur : Pour les statistiques de Fukushima, cela me rassure. Je suppose que beaucoup de rumeurs sans fondement circulent.

Commentaire de la part de Laurent Samier : Que savons-nous sur les % de prélèvement des échantillons utilisés pour tester la production alimentaire provenant des préfectures testées par les autorités locales ? Y a-t-il un protocole standard également applique au réseau cantines scolaires et aux produits en distribution classique ?

Commentaire de la part de Alex Cornaert : Les autorités Japonais font elles assez de test sur les produits alimentaires, est-ce que les légumes vendus dans les supermarchés Tokyoïtes ont été testes ?

Le pourcentage de produits alimentaires contrôlés par rapport à ceux mis sur le marché n’est pas connu. Il semble cependant que le nombre d’analyse est toujours croissant. Les professionnels des filières agro-alimentaires mènent par ailleurs leur propre surveillance, parfois plus stricte que celle des autorités. AU mois de mai 2012, sur environ 2500 analyses menées, 5 % dépassaient les nouvelles normes en vigueur depuis le 1er avril. Ce pourcentage était de moins de 1% avec les anciennes normes.

Il semble que les cas de découverte de produits non conformes aux normes dans les supermarchés soient par ailleurs de plus en plus rares.

Commentaire de la part d’Alex Cornaert : "Sur environ 2500 analyses menées, 5 % dépassaient les nouvelles normes en vigueur" Savez vous quels êtes les aliments incrimines ?

Les dépassements de normes observées en mai 2012 concernent des pousses d’Aralia, des pousses de bambous, du wasabi, des crosses de fougère, des champignons Shiitake, du persil japonais, du radis séché, des yuzu, des tiges de taro séché et un lot d’épinards.

Commentaire de la part de Visiteur : Comment comprendre le passage suivant de l’ASN : « Au 31 décembre 2011, plus de 14 000 bilans [thyroïdiens] avaient été réalisés. Ce bilan n’a pas révélé d’anomalie dans environ 70 % des cas. Dans les autres cas, les anomalies révélées (kystes liquidiens ou nodules) ne nécessiteraient pas, selon les médecins, la mise en œuvre d’examens complémentaires. » Est-ce que ce sont des médecins français qui parlent, ou les rapports du gouvernement japonais ? Quel est le point de vue de l’IRSN ou de l’ASN ?

Pour ce qui concerne les bilans thyroïdiens, ce qu’on a observé lors de l’accident de Tchernobyl est que l’apparition de cancer se produit généralement 5 ans après l’exposition environ. La surveillance des personnes exposées doit se poursuivre pour assurer le suivi sanitaire.

Commentaire de la part de M.Billy : J’ai du mal à être aussi optimiste que vous. Vous pensez réellement que cet accident est sans conséquence et qu’il ne va pas y avoir de multiplication des problèmes de sante, dans 5 ans, voire 10 ans ?

Nous ne pouvons être catégoriques que sur la situation actuelle. Personne ne peut en effet dire ce qu’il en sera dans 5 ou 10 ans.

Commentaire de la part de Visiteur : Dans un rapport de février 2012 de l’ACRO "Initiatives citoyennes au Japon suite à la catastrophe de Fukushima", il est dit que les "rejets ne sont pas terminés car il y a eu plusieurs petites fuites vers la mer et les rejets aériens continuent8 : 60 MB/h en Décembre et 70 Bq/h en Janvier. " Comment interpréter ces chiffres ?

Pour ce qui concerne les rejets actuels il est vrai que de temps en temps des rejets en mer se produisent (suite à des fuites sur certaines canalisations) mais les informations disponibles montrent que ses rejets sont d’ampleur limitée. Pour les rejets atmosphériques, les voies possibles de rejet sont majoritairement la remise en suspension de poussières déposées. Ce n’est pas une voie importante en ce moment et la surveillance environnementale du site ne montre pas d’augmentation du débit de dose.

Commentaire de la part de P. Massonat : Merci pour la première réponse, j’en reviens aux piscine. Considérant que les autorités Japonaises n’en sont qu’a commencer a nettoyer les piscines des débris , et n’ont pas de plan de déplacements des crayons radioactifs avant au mieux l’année prochaine : La France par son ambassade ou l’agence atomique internationale ont-elles été invitées a aller inspecter l’état réel et a évaluer les risques en cas de nouveau séisme important, vivant comme beaucoup ici noua savons que si mois nombreuses les secousses continuent, et ne sont pas la pour rassurer.

Le Ministre de l’environnement japonais et des journalistes ont eu l’occasion d’inspecter les piscines. Coté Ambassade, nous n’avons pas fait de demande d’inspection, mais nous avons demandé et obtenu des briefings particuliers sur ce sujet auprès du Ministère de l’Industrie et de l’Autorité de Sûreté japonaise.

Nous avons également échangé les conclusions de nos briefings respectifs avec d’autres Ambassades.

Sur cette base, les informations fournies par les autorités japonaises nous semblent crédibles.
Les piscines supporteraient un tremblement de terre au moins équivalent à celui du 11 mars 2011.

Commentaire de la part de Robert : Existe-t-il encore un risque au niveau de la contamination aérienne, par les pollens, les spores, les poussières pouvant augmenter du fait même des raclages associes à la décontamination, par les vapeurs qui se dégagent encore éventuellement des réacteurs endommages et surtout par la combustion éparpillée des déchets présentant une contamination inferieure a 8000 Bq/kg ?

L’inhalation de particules en suspension dans l’air est une voie d’exposition largement inférieure à l’ingestion de denrées alimentaires ou l’exposition externe. Cette exposition peut être renforcée par certaines activités humaines comme les activités de réduction de la contamination. Ceci ne concerne cependant que les intervenants les plus proches du chantier. L’impact s’atténue très vite à faible distance du site concerné. Pour ce qui est de l’incinération des déchets, les filtres des installations retiennent une fraction importante des aérosols contaminés émis. La dispersion atmosphérique des rejets assure ensuite une dilution des effluents. L’impact est lié aux tonnages traités. La radioactivité ajoutée dans l’environnement est cependant très faible aux niveaux de radioactivité que vous mentionnez.

Commentaire de la part de Lily : S’il fallait faire une comparaison entre la contamination du sol (Bq/m2) provoquée par Tchernobyl et Fukushima, est-ce que la ville de Tokyo est contaminée comme la Corse en 1986 ?

La comparaison entre les accidents de Tchernobyl et de Fukushima est difficile à faire compte tenu que les modes de rejets ont été très différents. Pour Tchernobyl il s’agissait d’un rejet très chaud qui est monté dans la haute atmosphère et s’est rapidement dispersé à l’échelle de l’Europe. Pour le cas de Fukushima les rejets étaient majoritairement à un niveau proche du sol. Pour ce qui concerne l’impact de ces rejets à des distances de l’ordre de 250 km les conditions météorologiques jouent un rôle prépondérant. Ces conditions entre Tchernobyl et Fukushima étaient largement différentes.

Commentaire de la part de Lily : Mais il existe des chiffres de contamination du sol (Bq/m2) sur l’Europe contaminée par Tchernobyl. A quelle région européenne ou française peut-on comparer la contamination de la ville de Tokyo, même si la contamination dans le cas d’une ville est "mobile" (vent, pluie...)

La France a été globalement contaminée à un niveau de l’ordre de quelques centaines de Bq/m2. Ce niveau est très en dessus de ce qui a été mesuré à Tokyo mis à part quelques points "chauds" localisés qui ont ou seront traités.

Commentaire de la part de Visiteur : Le dernier rapport de l’ASN se base-t-il uniquement sur des documents gouvernementaux ou est-il qu’il y a une partie de l’information contenue dans le rapport qui proviendrait des initiatives plus locales de la société civile japonaise ? Qu’en est-il des contacts entre l’ASN ou l’IRSN et les initiatives émanant de la société civile au Japon ?

Commentaire de la part de J. Scribot : Le lobbying du nucléaire étant très puissant au Japon, quelles certitudes avons-nous sur la véracité des informations communiquées par les autorités japonaises, quelles qu’elles soient ? Il y a t-il des contre expertises de faites par d’autres organismes tels que l’ASN ou l’IAEA ?

Les autorités japonaises compétentes sont multiples : Ministère de l’Industrie, Ministère de l’Environnement, Ministère de la recherche, et aussi autorités locales (Préfecture, Mairie). Un certain nombre d’association publient également leurs résultats.

Tous ces résultats sont cohérents.

Des équipes françaises de l’IRSN ont participé à des campagnes de mesures avec les équipes japonaises, et ont trouvé les mêmes résultats que leurs partenaires japonais.

Commentaire de la part de Jean : En cas de fort séisme, que se passerait-il si la structure des piscines s’effondrait et libérait le combustible ?

Ce scénario serait en effet très préoccupant. C’est pour cette raison que tout est mis en œuvre pour l’écarter (cf. Les réponses sur les piscines).

Commentaire de la part de Laurent Samier : L’incinération des déchets contamines semble se faire dans les centrales normales, notamment en baie de Tokyo : le cesium n’est-il pas renvoyé par les cheminées ?

Les dispositifs de filtration existants sur les incinérateurs retiennent une fraction des aérosols émis, notamment le césium. De plus, les déchets sont mesurés avant incinération et leurs taux de contamination ne semblent pas incompatibles avec cette incinération.

Commentaire de la part de P. Massonat : Merci, Donc.je conclus : aucune inspection réelle de la part d’organismes indépendants ou de personnels d’ambassades qualifies , seulement la parole de Tepco et du gouvernement japonais, quand on voit de quelle manière la centrale a supporte le 11 Mars et ses conséquences, je pense que les Ambassades et les Affaires étrangères des différents pays devraient se faire un peu plus insistants...Je suis celui qui a introduit l’Acro auprès de Mr Cordier l’année dernière et penses être bien informe...ce qui ne me rassure pas du tout.

Le Japon est un pays indépendant qui travaille aujourd’hui à renforcer de manière drastique les normes en matière de sûreté nucléaire. Nous y travaillons avec lui, notamment au niveau international. L’IRSN est associé à des campagnes de mesures, l’AIEA est venue se rendre compte sur place, mais il faut aussi faire confiance à ce pays qui nous accueille et qui est reconnu partout pour sa maitrise de la technologie antisismique (la centrale a été victime d’un tsunami dont les risques avaient il est vrai été mal calculés, pas du séisme en lui-même). [Réponse ajouté le 15 juin 2010]

Commentaire de la part de Visiteur2 : En fait, a court terme, tout va pour le mieux, cela arrange tout le monde - les autorités qui ne veulent rien dire, la population qui veut se rassurer. Premiers effets secondaires dans plus de 5 ans. Les responsables seront loin et ceux qui ont voulu faire confiance aux discours rassurants ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes... Difficile vraiment de savoir qui détient la vérité. Comme beaucoup, nous prenons des précautions que nous jugeons suffisantes mais qui sont peut être dérisoires et nous ne voulons pas quitter le Japon avant l’échéance prévu par le contrat d’expatriation. Mais les doutes sont parfois très déstabilisants.

Nous vivons également au Japon et comprenons cet état d’esprit. C’est pour cette raison que l’Ambassade et l’IRSN s’efforcent de vous informer au mieux depuis la catastrophe.

Commentaire de la part d’Alex Cornaert : Dans les mois suivant la catastrophe, il y a eu plusieurs scandales concernant la viande bovine et le lait. Les autorités avaient décidé de disperser les bêtes contaminées. Etait-ce une bonne idée ? Doit-on se méfier du Lait/viande en provenance de Hokkaido ?

Les scandales concernant la viande bovine et le lait étaient principalement dus à l’alimentation des bêtes par des fourrages fortement contaminés (notamment de la paille de riz). Des contrôles sont aujourd’hui menés de façon plus stricte. L’éparpillement des bêtes peut s’inscrire dans une stratégie de valorisation de ces cheptels en les répartissant dans des exploitations situées en zone moins contaminées ce qui permet de décontaminé progressivement l’organisme des animaux. Etant donné les faibles niveaux de radioactivité mesurés aujourd’hui dans le lait et la viande des animaux élevés dans les territoires contaminés, le risque pour des animaux déplacés vers Hokkaido serait encore plus faible.

Commentaire de la part de N. Matsuzawa : Lorsque vous dites que le poisson de rivière et certains poissons marins, des pousses de bambous et des champignons ont des taux de radioactivité élevés, parlez-vous uniquement du poisson en provenance du Kantô ou cela inclut-il le poisson qui vient du Kansai, de la région de Hokkaido ou des cotes du Kyushu ?

Les mesures faites sur les poissons marins ou d’eau douce ainsi que les végétaux cités concernent le Kantô.

Commentaire de la part de Visiteur : Bonjour, je m’appelle David Laureau de Côté Japon, nouveau site non professionnel sur la toile autour du Japon (http://www.cotejapon.com). Je souhaiterai savoir dans quelles dispositions il serait possible de pouvoir proposer une retranscription de ce chat à nos visiteurs qui ne connaissent pas je pense la tenue de ce chat (et d’abord, la retranscription est-elle autorisée ?). Merci beaucoup pour ce chat que je suis avec attention. Bien à vous (voici mon adresse mél : david@cotejapon.net)

Merci de vos encouragements. Le transcript de ce chat, comme d’habitude disponible des demain sur le site internet de l’Ambassade (www.ambafrance-jp.org).

Commentaire de la part de David Laureau : Merci pour cette retranscription. Je viens de lire dans l’un des messages une référence à l’Acro, qu’est-ce ?

L’ACRO est l’association de Contrôle de la radioactivité dans l’Ouest, une ONG de contrôle de la radioactivité en France.

Commentaire de la part de M.Billy : Est-ce que les diverses ambassades pourraient faire pression pour que les différents acteurs de l’agroalimentaire soient obliges d’afficher la provenance exacte (au moins la préfecture) des aliments. Quand on fait ses courses, ou on va à la restauration, on a l’impression que Fukushima n’a jamais eu lieu. Bien entendu, comme vous l’avez souligne, certains distributeurs font leur propre mesure, mais l’indication de la provenance serait particulièrement utile pour ceux qui s’inquiètent.

Effectivement, nous rappelons à nos interlocuteurs du gouvernement japonais l’importance d’afficher la provenance, même si cette information est à manier avec discernement (par exemple, dans la pratique, 2/3 de la préfecture de Fukushima a été épargnée par la contamination, protégée par les montagnes).

Commentaire de la part de N. Matsuzawa : Pour M. Billy, dans le Kyushu, l’affichage de la provenance de la nourriture est présente partout. Le problème reste pour les produits en paquets et boites. Il me semble que c’est une loi maintenant. Mais peut-être que d’autres sont plus au courant.

Commentaire de la part de Visiteur : Se pourrait-il que l’IRSN fasse une étude des données recueillies sur un site tel que http://www.keitousagi.com/ qui contient les résultats de mesures individuelles ?

L’IRSN dans l’étude menée sur l’accident et ses conséquences utilise des sources de données variées notamment des sources du type de keitousagi.com.

Commentaire de la part de Laurent Samier : Pensez vous que nous pouvons laisser nos enfants manger quotidiennement a l’école publique a Tokyo ? Un doute semble s’installer notamment dans la presse Japonaise.

Nous suivons la presse japonaise régulièrement et nous n’avons pas relevé d’article sur ce sujet [rajouté le 15 juin 10h.00 : après vérifications complémentaires, les articles parus récemment montrent au contraire un renforcement en terme de traçabilité dans les établissements scolaires]
Nous n’avons pas d’indication factuelle de problème particulier dans les cantines.

Nous savons que plusieurs écoles, il y a quelques mois avaient fait des mesures qui n’avaient pas révéler de problème.

De manière générale, comme indiqué dans des réponses précédentes, l’ensemble de la chaine alimentaire est bien contrôlée.

Ce chat est maintenant terminé. Nous répondons aux questions qui nous sont parvenues jusqu’à présent (18h.12). Vous pouvez bien entendu nous envoyer des questions à l’adresse :
webmestre@ambabrance-jp.org
A bientôt pour le cinquième "chat.

Commentaire de la part de J Shimizu : Merci !

Commentaire de la part d’Alex Cornaert : Merci !

Commentaire de la part de Mélusine : Comment se fait-il que les déchets radioactifs soient épandus dans tout le japon et non stocké sur un même endroit ? ...par exemple épandage sur la baie de Tokyo, sans parler des incinérateurs des communes acceptant tous ses déchets...quel impact ont ses déchets brûlés relâchés dans l’air ?

Les déchets qui aujourd’hui ont été envoyés hors du Tohoku présentaient des taux de contamination très faibles. Leur envoi hors du Tohoku est une façon de réduire plus rapidement des volumes de déchets - pour l’essentiel non contaminés - très importants. Les déchets présentant un niveau de contamination plus élevé font ou feront l’objet d’un traitement et stockage sur place.

Commentaire de la part de David Laureau : L’une de mes amies voudrait se rendre au Japon à partir d’octobre pendant un an, mais sa famille lui pose des limites à cause de Fukushima. Avec tout ce que j’ai lu d’intéressant ici, dans quelles mesures pourrait-elle rassurer sa famille ? En effet, elle compte vivre à Tôkyô pendant quelques mois avant de partir vers Osaka.

Pour ce qui est d’un séjour d’un an à Tokyo, les niveaux de contamination de cette ville font que l’exposition qui en résulte est faible. Le risque alimentaire est également faible du fait des contrôles exercés et des sources d’approvisionnement variées à Tokyo. L’IRSN ne déconseille pas le séjour à long terme au Japon.

Commentaire de la part de Laurent Samier : Merci à tous.

Commentaire de la part de Robert : Merci !

Commentaire de la part de M.Billy : Merci.

Commentaire de la part de Titof : Compte tenu du niveau de contamination actuelle des aliments et de l’environnement, recommanderiez-vous de ne pas venir vivre au Japon avec des enfants en bas âge ?

Merci de votre question. Pour la réponse, nous vous renvoyons à celle de 18h10 : l’IRSN ne déconseille pas de séjour à long terme au Japon.

Commentaire de la part de David Laureau : Pour ma part, je vais déménager à Osaka avec ma femme, japonaise, d’ici février 2013, donc je suis assez confiant et prépare notre déménagement. Encore merci pour tout et rendez-vous au prochain chat.

Commentaire de la part de David Laureau : Merci pour toutes ces précisions, et à bientôt. Cordialement.

Commentaire de la part de M.Billy : Ça ne concerne pas directement Fukushima, mais la remise en marche de centrales au Japon parait-elle sans risque ? Juger par simulation informatique de la capacité des centrales nucléaires à résister suffit-il face a des tremblements de terre dont on ne maitrise pas encore la prédiction ?

Les simulations montrent un niveau de résistance au-dessus des normes de conception, et le niveau des séismes possibles a également été réévalué La résistance à ces séismes réévalués a été confirmée

En outre, les réacteurs ont renforcé leurs mesures de sécurité pour faire face aux conséquences d’une perte d’alimentation électrique ou de refroidissement.

Commentaire de la part d’Antoine : Dans le dernier rapport du ministre de la santé "New Standard limits for Radionuclides in Foods", il y est décrit les doses maximales admissibles, selon des catégories d’âge et de sexe. D’une manière générale, l’exposition maximale acceptée semble être de l’ordre de 5 mSv par an. Il a donc été décidé d’assigner 1mSv/an maximum par type de denrée alimentaire. Sur quoi sont basés ses limites maximales ? Connaissons-nous le niveau minimal réel (prouvé scientifiquement) sans danger pour l’organisme sur le long terme ?

Les limites maximales sont établies à partir d’évaluation d’exposition des groupes de population les plus sensibles à la radioactivité (généralement les enfants) en tenant compte de leur régime alimentaire et du taux d’autoconsommation des denrées, c’est à dire de la part d’aliments contaminés dans la ration. Cette part est considérée comme élevée dans le cas des normes japonaises. Ces normes sont élaborées en supposant des hypothèses pénalisantes ce qui leur confère un caractère protecteur.

En matière de radioprotection, en l’absence de preuves scientifiques sur l’innocuité des faibles doses, il est supposé que des effets peuvent être attendus dès les premières expositions ce qui poussent les autorités à considérer des limites très basses.

Commentaire de la part de N. Matsuzawa : Merci.

Merci à tous, nous restons à votre disposition à webmestre@ambafrance-jp.org !

dernière modification le 18/06/2012

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